Une prothèse PIP retirée et remplacée sous hypnose. L'Hypnose au Centre Hospitalier de Valenciennes

La Voix du NordLe 24 février, Rosemonde Cliquet, une Onnaingeoise de 62 ans, a fait retirer la prothèse PIP qu'elle portait depuis 2008 au sein gauche. Une opération en forme de première. La patiente n'a pas été anesthésiée. Elle a été opérée sous hypnose.

Pas question d'être endormie. C'est comme ça. Rosemonde Cliquet ne voulait plus être opérée sous anesthésie générale. Elle était déjà passée par là quand elle a été opérée de son cancer du sein en 2005 puis lors des reconstructions mammaires en 2008 (une première fois pour poser la prothèse et une seconde pour en mettre une plus grosse et diminuer la taille du sein droit).

Pour cette nouvelle opération, elle a donc été claire avec son chirurgien, le Dr Phalippou : « Je ne veux pas être endormie complètement. » Cette opération était pourtant rendue nécessaire. Rosemonde Cliquet était porteuse d'une prothèse PIP depuis 2008, mais sans jamais avoir ressenti de complications. La mammographie et l'échographie n'ont d'ailleurs rien montré d'anormal. Par sécurité, elle a quand même préféré l'enlever vite (en moins de deux mois) et la faire remplacer par une prothèse de marque française (son chirurgien lui avait laissé le choix entre une française et une anglaise).

Pour cette intervention chirurgicale sans être endormie (une hypnoanalgésie selon le terme médical), la patiente a donc rencontré un anesthésiste du centre hospitalier. « Le Dr Chonow m'a mise à l'aise tout de suite. Et il m'a expliqué que je devais être d'accord mais mon chirurgien aussi.
Lors de ce rendez-vous, il a dû sentir que j'étais prête pour ce type d'anesthésie », raconte-t-elle.

Arrivée dans le service chirurgie gynécologique le 24 février dernier, à 7 heures, elle a été emmenée au bloc à 12 h 30. « J'étais détendue et en toute confiance. On a bien rigolé », confie-t-il dans un éclat de rire. L'opération a commencé à 13 h 10. « Le chirurgien m'a endormi le sein. Je n'ai rien senti. Un drap a été mis pour que je ne voie rien. Et l'anesthésiste a commencé à me parler. Il m'a raconté mes vacances au Maroc et en Espagne et la naissance de mon petit-fils à laquelle j'ai assistée. Je n'ai jamais dormi. » Et elle n'a rien entendu de ce qui se passait de l'autre côté du drap. Une bonne demi-heure plus tard, l'opération s'est terminée : « Le chirurgien m'a dit que tout c'était bien passé et que la prothèse n'avait pas été rompue. » À 17 heures, elle est ressortie de l'hôpital sans douleurs, un peu comme si de rien n'était. Deux fois depuis, elle est allée faire nettoyer le pansement et hier, elle avait un rendez-vous de contrôle avec le chirurgien. On ne voit quasiment plus sa cicatrice.

Rosemonde Cliquet n'a jamais été inquiète d'être porteuse d'une prothèse PIP : « Je n'ai jamais eu mal. » Et cette nouvelle intervention ne lui a pas fait peur non plus car c'était sous hypnose : « Ma fille était moins rassurée que moi. J'en ai parlé aussi à mon médecin traitant qui m'a dit que ça se pratiquait beaucoup en Belgique. » Au centre hospitalier, ce type d'opération est une première : « Ils m'ont filmée avec mon autorisation pour montrer à leurs collègues. J'ai d'ailleurs demandé à voir ce film. » Si un jour Rosemonde Cliquet doit à nouveau être opérée, c'est sûr, elle choisira à nouveau de l'être sous hypnose.

 

Véronique BERTIN pour La Voix du Nord